Lutte contre les nuisibles et création de valeur: prendre conscience et changer de stratégie!

December 15, 2017

 

L’optimisation interne d’une organisation passe souvent par un cloisonnement des services, une hyper-spécialisation, avec des budgets et objectifs associés. La problématique « nuisibles », pour des enseignes de la Distribution, de la Restauration, ou plus largement l’ensemble des activités à caractère alimentaire, peut avoir des impacts et répercutions très importants.

 

Concernant chacune des exigences réglementaires qui contraignent l’entreprise, chacune a son processus et son budget. La lutte contre les organismes nuisibles en est une, elle oblige les activités alimentaires à contractualiser avec un professionnel de la 3D (Dératisation – Désinsectisation – Désinfection), et à pouvoir présenter à l’administration sanitaire en charge des contrôles, des procès-verbaux de passages. Pour répondre à cette obligation, le service (souvent Achats Indirects) se voit allouer un budget, généralement très insuffisant au regard des impacts économiques, sanitaires, techniques, médiatiques, souvent sous-estimés ou mal appréciés.

 

Pour illustrer ceci, nous prendrons un exemple précis, observé dans une grande enseigne de Distribution, et pour des raisons de confidentialité nous tairons le nom.

 

Récemment, j’ai sollicité de pouvoir rencontrer l’acheteur, en charge de la problématique 3D, pour lui présenter nos solutions techniques à haut niveau de performance, les modes opératoires associés et systèmes de monitoring permanents.

Ce Responsable achats, d’ailleurs très compétent dans son métier, était satisfait d’avoir des budgets de dératisation/Désinsectisation, très inférieurs à 1.000 € par an, par supermarché, et se targuait d’avoir pu réduire ses coûts de plus de 10 % pour l’année en cours. 

 

Cependant, il accepte que je passe dans trois magasins d’environ 1000 m2, afin de me rendre compte de la problématique, et ainsi lui faire une proposition.

 

Les magasins, situés tous les trois dans le centre-ville d’une grande métropole Française, étaient tous frappés d’un niveau d’infestation important. Dans plusieurs endroits émanaient des odeurs fortes d’urines, Des rongeurs étaient quotidiennement aperçus par les clients et le personnel, se déplaçant dans la surface de vente (plusieurs clients choqués avaient déjà changé de magasin),

 

Deux magasins jetaient plus de 1.000 € par mois de produits souillés ou grignotés, et impropres à la vente, des pannes et problèmes techniques répétitifs, suite à des câbles électriques rongés dans les meubles frigos, imposaient des interventions régulières de dépanneurs (coût minimum = 300 € HT par passage), et présentant des risques de courts-circuits et de départs de feu.

 

Dans un des magasins, des membres du personnel avaient fait jouer leur « droit de retrait », refusant de retourner dans une réserve où l’un d’entre eux s’était fait mordre par un rat …,

 

Donc en synthèse, dans ces trois magasins, en plus des risques sanitaires, incendie, sociaux, médiatiques, dégradations techniques avec toutes leurs conséquences …, le « coût nuisibles » direct était de plus de 1.300 € par mois, soit plus de 15.000 € par an et par magasin …

 

De tels cas sont malheureusement courants, l’absence de vision globale, le respect et l’optimisation des budgets, la non communication entre les services, en sont les principales causes.

 

Dans cet exemple vécu, le service Achats Indirects a rempli sa mission, le poste 3D est optimisé, le problème subsiste cependant et, si les exigences réglementaires semblent respectées, les moyens mis en œuvre ne permettent pas de résorber les infestations.

Les risques et impacts sont très importants et non maitrisés et les coûts réels immédiats plus de 20 fois supérieur à celui facturé par le prestataire 3D.

 

Les coûts indirects, sans doute beaucoup plus lourds, sont eux très difficiles à mesurer … Il n’y a aucune vision globale, pas de centralisation des données. Les dépannages des installations sur sites sont supportés par le service maintenance qui gère son budget. Les produits jetés passent en « pertes et profits », de la même façon que ceux qui sont abîmés lors des transports ou qui arrivent à date d’expiration …

 

Il est donc primordial que le sujet « lutte contre les nuisibles » soit géré et traité de façon globale :

 

Au niveau managérial :

Cela commence par la remontée de l’ensemble des informations des sites au Responsable d’un pôle de compétences dédié, et par la connaissance précise des impacts et coûts s’y afférant (directs et indirects).

Ces informations permettront de prendre toute la mesure de la problématique et de son poids, et de pouvoir y associer les budgets nécessaires en rapport.

 

Au niveau opérationnel :

Les services QHSE, exploitation, travaux et achats doivent travailler de concert pour, à la fois, avoir une vision complète et précise de la situation et pouvoir ainsi mettre en œuvre une réponse globale adéquate, stratégie de lutte contre les nuisibles, et plan d’action.

 

Les actions de prévention et de lutte passive doivent être associées aux solutions alternatives non chimiques à haut niveau de performance. Enfin, si besoin, ponctuellement, et dans des endroits choisis, il peut être envisagé l’usage de produits chimiques, préalablement identifiés, sur une liste limitée, avec des modes opératoires précis. Un système de monitoring permanent devra compléter le dispositif pour suivre et mesurer le niveau d’infestation et apporter les actions correctives immédiates.

 

« Les achats indirects sont plus compliqués à gérer. D'abord, parce qu'il y a une multiplicité des familles d'achats qui sont très différentes les unes des autres.  Le responsable des achats indirects doit aller, au-delà des économies visibles sur les comptes de résultats, mener de nouveaux projets qui donnent du sens et libèrent de la valeur pour l'entreprise … » * 

 

Encore plus dans la résolution de la problématique nuisibles pour les activités sensibles, « l’acheteur indirect cost killer est mort, vive l'acheteur business partner. » *

 

 * Citations de Patrick Hett, PDG de Kimoce. www.decision-achats.fr - "L'acheteur indirect cost killer est mort, vive l'acheteur business partner"

 

Please reload

Posts à l'affiche

Article Presse NPI

October 1, 2019

1/5
Please reload

Posts Récents

October 1, 2019